Quel avenir pour l'Italie ?

L'Italie et l'Europe dans une impasse politique et économique ?

Mois après mois, Mario Draghi, patron de la BCE, avait jusqu'aujourd'hui réussi à insuffler dans l'inconscient collectif une vision très optimiste de la zone euro. Mais la fin de 2012 et les premiers mois de 2013 nous ramènent face à une réalité difficile à digérer (ndlr : L'économie de la zone euro s'est contractée de 0,6% au quatrième trimestre 2012, comme annoncé en première estimation, a indiqué Eurostat. Le PIB s'est quant à lui replié de 0,5% pour l'UE27).

La stratégie de sortie de crise, actuellement mise en place par les pays membres de l'UE, est principalement fondée sur l’austérité et sur des gains de compétitivité malheureusement obtenus aux dépens des autres pays membres.
Si nos hommes politiques ont tendances à prendre comme exemple l'Allemagne, il est intéressant de noter que celle-ci a vu son PIB chuter de 0,4% au 4ème trimestre 2012. La principale raison ? La chute de ses exportations et notamment vers l'UE. Pour résumer les pays de l'UE achètent moins et par conséquent vendent moins. L'expression populaire dit que « c'est le chien qui se mort la queue », hors nous ne sommes pas loin de cette situation qui s’accommode mal avec un schéma de reprise rapide.

Réformer et après ?

Depuis deux semaines tous les regards sont orientés vers l'Italie. Alors que la Politique économique de Monti était saluée par l'ensemble des marchés mondiaux, les dernières élections législatives italiennes ont semé le trouble à travers les différentes sphères économiques de la planète.

Le “Professeur” Monti, comme on le surnomme, a payé les effets de sa politique d’austérité et n'a été crédité que de 10% des voix. A trop vouloir réformer de manière drastique, Monti a vu le peule se retourner contre lui.


Devant lui, 3 partis se découpent les principales parts du gâteau électoral :

  • 30 % pour la gauche

  • Environ 30 % pour la droite Berlusconienne

  • 25,5 % pour la liste protestataire de Beppe Grillo, le “Coluche italien”

Cette troisième place surprise de Beppe Grillo symbolise une nouvelle forme de vote protestataire. Sur son blog, l'ancien humoriste s'est déclaré «opposé à tout gouvernement comprenant des partis politiques» et préconise la formation d'un cabinet «technique». Pour le diriger, il a même mentionné le nom de Corrado Passera, ancien ministre du Développement économique au sein du gouvernement Monti. Une chose est certaine, le résultat de ces élections est loin d'être innocent et présage d'une mutation de nos sociétés face aux promesses électoralistes. 

Point inquiétant pour l'Italie : plus aucun parti n'a véritablement de majorité (majorité différente à la Chambre et au Sénat). Difficile alors d'envisager une politique de relance dictée par une majorité forte et une direction prédéfinie.

Cette situation de blocage politique inquiète les opérateurs qui maintiennent donc le taux obligataire italien à 10 ans aux environs de 4,8% (contre 4,17% en janvier 2013). Les analystes sont formels : sans gouvernement stable, on ne peut espérer l'intervention de la Banque centrale européenne (BCE) sur le marché de la dette italienne.

Quel avenir pour l'Italie, pour l'Espagne, pour la Grèce ou bien plus globalement pour l'Europe ? Les politiques d'austérité qui s'abattent inévitablement sur l'Europe redistribuent progressivement les cartes politiques mais quelles en seront les conséquences ?

Premiers éléments de réponse dès demain lors de la réunion de politique monétaire de la BCE. 

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