GBP : Bigger is the problem, bigger the opportunity...

Bonsoir à toutes et à tous,
 
Nous y sommes ! A la veille du référendum britannique sur le maintien ou non d’un royaume, lui-même uni, au sein d’une autre union, elle-même aux dimensions européennes, les anglais semblent détenir entre leurs mains beaucoup plus que leur propre destin, puisqu’également en dépend le sort d’un espace largement plus vaste que la seule petite terre en angle qu’ils peuplent. Néanmoins ce n’est pas la première fois qu’ils ont la main sur des cercles concentriques à géométrie variable, le Commonwealth était un exemple de gestion multi-scalaire qui, s’il a certes aujourd’hui perdu de sa superbe, reste néanmoins un des principaux moteurs de la croissance outre-Manche. Une autre alliance, celle avec leurs cousins outre-Atlantique, ajoute à la démonstration ce que nous subodorons déjà en observant ce caractère bipolaire, car insulaires et à la fois navigateurs, de nos amis british ; en réalité les anglais sont simultanément toujours prêt à s’engager dans des alliances de nature stratégiques et économiques tout en prenant soin de conserver si ce n’est le lead, a minima la plus grande autonomie possible vis-à-vis de leurs partenaires.
Concernant le référendum la plupart des sondages donnent, comme souvent dans ce type de consultation populaire, les deux camps au coude à coude avec cependant une petite avance pour les partisans du maintien, mais non sans péripéties car oscillant ces derniers jours entre victoire probable pour les uns puis inversion des scores avec victoire possible pour les autres, suivi ensuite d’un nouveau retournement de situation aidé par un fait-divers sordide donnant finalement une plausible victoire des premiers. Finalement rien de très sérieux sur le fond tant la raison n’apparait alors qu’accessoire dans les débats tandis que, aidé par l’émotion, la forme l’emporte donnant au temps qui passe une vraie valeur d’arbitre dans un jeu où un camp ou l’autre pourrait tout aussi bien l’emporter selon que l’on se place en semaine n ou en semaine n+1...
A l’heure où ces lignes sont rédigées, à la veille donc du référendum, le consensus anticipe une victoire probable du « remain », que ce soit au niveau des sondages, mêmes serrés, que ce soit via les bookmakers, véritables intitutions chez les sujets de Sa Majesté, ou que ce soit au sein des marchés. En effet tel le calme avant la tempête nous observons actuellement un CAC serein autour de 4380 points en clôture, un Footsie qui ne panique pas au-dessus de 6200 points, une livre sterling qui se maintient dans un très classique 1,47 face au dollar américain, vers 0,77 face à l’euro et sur des niveaux habituels face aux devises traditionnellement dites de refuge comme le franc suisse avec une parité vers 1,41 ou encore le yen avec une cotation tout à fait dans la norme autour de 154. Les marchés US viennent de clôturer en configuration d’attente, et même l’Or reste stable sous les 1300 dollars l’once.
Soit, mais la journée de demain risque d’être un peu différente, car quelle que soit l’issue, la volatilité pourrait faire son grand retour au fur et à mesure des heures qui passent, comme à l’époque du brasier des subprimes, des incertitudes de la zone périphérique européenne, de la tragédie grecque, du hard landing chinois... pour ne citer que les principaux évènements marquants. La différence entre ces précédents et le 23 juin 2016, c’est justement que la date de l’aléa est ici connue.
Cette caractéristique est un précieux atout pour nous, intervenants de marché généralement ballotés entre craintes et euphories calées sur des jalons qui surgissent sans trop prévenir, et nous nous devons d’en tirer profit. Le marché déteste l’incertitude, en priçant par avance une victoire du « remain » il se rassure, mais dans le même temps il laisse la place à un potentiel incroyable en cas d’avantage au « leave ». Tel un cygne noir à faible probabilité, puisqu’apprécié comme tel sur nos courbes, et à très fort impact, puisque prophétisé ainsi par les partisans du « stay in » qui ont quasiment promis une fin du monde en cas de brexit, nous avons-là de quoi nous préparer, si ce n’est au trade du siècle, au moins à quelques beaux potentiels.
 
Pour ne citer que les anticipations sur les changes, en cas de sortie de la Grande-Bretagne nous avons des possibilités de dépréciation du sterling de 15% pour les hypothèses les plus sages et jusqu’à une perte d’un tiers de sa valeur, soit 33%, pour les prévisions plus pessimistes. En prenant la moyenne, autour de 25% de dévaluation, nous avons donc des possibilités d’objectifs raisonnables suivants :
GBP/USD actuellement autour de 1,47 pourrait chuter en se dirigeant vers 1,10 soit son niveau de début 1985, jamais retrouvé depuis, et surtout cassant son support ultime des 1,35. Ce sera d’ailleurs certainement le niveau des 1,35 que tentera de défendre la BoE épaulée par des banques centrales alliées.
EUR/GBP actuellement vers 0,77 pourrait se retrouver propulsé sur les plus hauts de la fin 2008 vers 0,95 voire 0,98 en cassant au passage son oblique haute en résistance vers 0,81 / 0,82 ce qui en fait le point à défendre par les banquiers centraux en vendant quelques surplus d’euros.
GBP/CHF actuellement vers 1,41 pourrait dégringoler mathématiquement vers 1 ce qui correspond également à une oblique basse d’un point de vue de l’analyse technique. Cependant un niveau si bas correspond à une terra incognita pour cette paire qui n’a jamais tenté de s’aventurer sous les 1,14 depuis la fin des accords de Bretton Wood. De plus connaissant la dextérité de la BNS pour contrer temporairement une appréciation trop brutale de la devise helvétique il reste plus délicat d’anticiper un objectif tangible sur cette paire.
GBP/JPY actuellement autour de 154 pourrait dévisser vers 120 voire un peu en dessous sur le support long-terme 117 / 118. Évidemment le chiffre rond des 100 serait alors à portée de main des opérateurs qui pourraient pousser la vapeur un peu plus loin sans trop de difficulté puisque le Japon au contraire de la Suisse laisserait plus volontiers sa devise s’apprécier davantage.
 
Et puisque l’on voit mal comment en cas de victoire du « remain » les cours pourraient aller en sens inverse avec une violence similaire, puisqu’après tout il ne s’agira que d’un statu quo, alors les stops-losses pourraient être ainsi :
GBP/USD stop franchement au-delà de 1,50 avec de la marge pour ne pas être la proie de mèches piégeuses, soit un excellent ratio gain sur risque d’au moins 10. Et si d’aventure la volatilité intraday poussait les cours un temps vers des plus hauts au gré des rumeurs de la séance de demain alors avec un point d’entrée plus haut le ratio n’en serait qu’amélioré d’autant, on parlerait alors de 20 contre 1 ou 30 contre 1 voire plus, et c’est pourquoi en de telles circonstances bigger is the problem, bigger the opportunity !
EUR/GBP stop sous 0,74 soit un joli ratio d’environ 5.
GBP/CHF stop au-delà de 1,5 pour plus de sécurité ce qui fait un gain / risque d’environ 4.
GBP/JPY stop au-dessus de 165 soit un G/R de 3.
 
Évidemment en dépit de bons voire d’excellents ratios, les probabilités pour un « leave », donc pour une réalisation des objectifs restent plus faibles, ainsi une sortie en cadrage C donc neutre sera de mise dès que possible, tout en tenant compte des à-coups sur la liquidité, de l’augmentation des marges requises, de l’élargissement des spreads chez la plupart des courtiers et de la hausse de la volatilité ambiante qui bruitera fortement les cours tout au long de la journée et de la nuit de demain.
 
Good trading and God save the queen.
 
Best regards.
 
Benoit Fernandez-Riou

livre forex
 

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