Le pétrole brut (1ère partie)

Gros plan sur l'Arabie Saoudite

Suffisamment d'arguments haussiers

Des fondamentalistes islamiques en Syrie et Irak, de l'agitation en Libye, des sanctions économiques contre la Russie donnent suffisamment de matière pour créer des tensions sur le marché du pétrole. Mais contre toute attente, c'est l'inverse qui se produit : le prix du pétrole a chuté de 20% au cours de ces dernières semaines. Le pétrole, le lubrifiant de l'économie mondiale, est aussi un marché politique. Mais il y a d'autres facteurs qui jouent un rôle, et non des moindres est la loi de l'offre et de la demande.

L'offre : le top 10 des producteurs de pétrole


 

Source : Wikipedia

Selon l'IEA (International Energy Agency) les dix premiers producteurs de pétrole représentent plus de 63% de la production mondiale. Ce qui est intéressant est le constat que, toujours selon l'IEA, la Russie a produit 10,9 million de barils en 2012, alors que l'Arabie Saoudite n'en a produit que 9,9 millions. Cependant, l'Arabie Saoudite a toujours tenu le rôle de producteur de bouclage . Un producteur de bouclage est un fournisseur monopoliste d'une matière première qui est capable et prêt à absorber les fluctuations de la demande en produisant plus, ou moins. L' "offre“ peut ainsi être constamment adaptée ou maintenue en équilibre.

La banque centrale du pétrole brut

L'Arabie Saoudite est donc le seul fournisseur de pétrole brut dont les capacités sont telles, qu'il peut augmenter sa production à court terme pour compenser les déficits de production des autres pays ou répondre à une hausse périodique de la demande. Afin de pouvoir jouer ce rôle, il est évident que les coûts de production doivent être bas pour que la vente de pétrole, même à un prix bas, soit toujours rentable. L'état du désert, qui est parfois également nommé "la banque centrale du marché du pétrole brut", est toujours en premier plan lorsque le marché se met en mouvement. Mais visiblement ce pays ne sent pas la nécessité de réduire la production à l'heure actuelle. En septembre il a même livré plus que d'ordinaire, malgré la chute du prix.

Une déclaration de guerre ?

Il y a donc de nombreuses interprétations possibles dans la situation actuelle. La position de l'Arabie Saoudite peut être vue comme une mesure pour protéger sa part de marché. Les expériences des années 80 n'y sont probablement pas étrangères. Le pays, en collaboration avec les autres membres de l'OPEP (Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole) n'avait pas réussi à contrer l'augmentation de la production de pétrole dans la mer du nord. La fracturation hydraulique (une méthode  pour extraire du gaz et du pétrole de schiste des grandes profondeurs sous-terraines) mise en œuvre par les Etats Unis peut être prise pour une menace pour le modèle économique saoudien. Un cours du pétrole en baisse joue naturellement en faveur de l'Arabie Saoudite, car les coûts de production remettent en cause la rentabilité de la fracturation.

Réunion de l'OPEP fin novembre

L'aventure devient encore plus excitante si l'on insinue que les Etats Unis et l'Arabie Saoudite auraient, tous deux,  intérêt à ce que le prix du pétrole baisse pour entraver l'Iran et la Russie. Mais il ne faut pas surestimer l'influence des saoudiens sur les variations périodiques des cours. De plus, le cartel de l'OPEP n'est la voix d'un seul homme. Dans tous les cas il sera intéressant de voir ce qu'il se passera le 27 novembre. C'est à cette date que sera tenue la 166ème assemblée générale de l'organisation, à Vienne. Les analystes estiment dans tous les cas qu'une limitation de la production sera à l'ordre du jour.

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