Bonjour à toutes et à tous,


Discussions à Chicago lors du Traders Expo 2019 sur les hypothèses à venir pour les indices.

Benoit Fernandez Riou Traders Expo Chicago 2019 Michigan

En conclusion la rentrée risque de ne pas être de tout repos pour les marchés...



Tout d’abord avec la guerre commerciale USA-Chine qui joue les prolongations depuis que Donald Trump a annoncé par surprise une hausse des tariffs douaniers de 10 % sur un panier de 300 milliards de dollars d’importations dès Septembre prochain, ce qui a pesé immédiatement sur la tendance.

Autre élément bearish américain fut la coupe d’un quart de point des taux directeurs de la Federal Reserve, montrant ainsi sa soumission à l’exécutif de la maison blanche, ce qui révèle une faiblesse d’une part, néanmoins accompagnée d’un discours teinté d’ambiguïtés sur la poursuite réelle de la trajectoire de ces mêmes taux, révélant également au mieux une simple incohérence et au pire une perte de contrôle de la mise en œuvre de la politique monétaire d’autre part. En somme de nombreux éléments qui ne sont pas de nature à rassurer les marchés.

En Europe outre-Rhin la passation entre Mario Draghi et Christine Lagarde à la tète de la BCE en Octobre sera également scrutée par les opérateurs, "soumission" pouvant également devenir un terme plus amplement usité quant à la suite en ce qui concerne les décisions à venir de l’institution monétaire européenne. Encore un élément qui pourrait déstabiliser les marchés.

Toujours en Europe mais outre-Manche un Boris Johnson à peine arrivé et déjà fragilisé qui doit désormais négocier le Brexit avec Bruxelles, et qui contrairement à Thérésa May est prêt, du moins dans le discours, à sortir avec un no-deal à la date fatidique du 31 Octobre. De là à parler de séance d’Halloween sur les marchés il n’y a qu’un pas.

A ces quatre grands thèmes qui semblent de prime abord vouloir faire inexorablement piquer vers le bas les courbes de nos indices à la rentrée, il faut y ajouter quatre arguments fondamentaux pouvant tempérer les ardeurs des ours.

Premièrement la campagne électorale présidentielle a débuté aux Etats-Unis, car s’il est dans l’intérêt du président actuel que de hausser le ton dans la négociation et faire durer le suspens quant à l’issue des pourparlers afin notamment de montrer que la tâche n’est pas aisée, il est aussi dans son intérêt d'y trouver in fine une issue positive par la signature d’un accord avec les autorités chinoises d’ici un an. Et tout cela devra se faire sans aller au clash ultime car le Dow Jones reste le véritable thermomètre de Donald Trump, davantage que les sondages, puisqu’il est également l’instrument de mesure du sentiment de richesse de la plupart des américains. Ainsi il sera même autorisé d'imaginer l'indice Dow touchant le chiffre rond et symbolique des 30 000 points d’ici le jour du scrutin...

Le discours alambiqué de la FED visant à démontrer son autonomie pourrait ne pas résister au faits. En effet l’institution qui vient de plier un genou à terre risque de devoir poursuivre cette trajectoire de baisse des taux directeurs pendant un an, et ça le marché appréciera.

Quant à la BCE si elle devient dépendante des exécutifs, notamment allemand et français, alors le statu quo sur les taux bas actuels devrait être préservé, voire même amplifié en territoire négatif, car la France n’arrive pas à résorber sa dette malgré les promesses d’un exécutif qui à son arrivée semblait pourtant compétent sur ce sujet, et l’Allemagne dirigée par une équipe à bout de souffle voit ses chiffres macros flirter avec la récession. Le spectre d’une économie japonisante sur le vieux continent permet de croire que les taux directeurs ne sont donc pas prêts de remonter en Europe. Le marché, hors secteur bancaire, appréciera.

Et pour finir le mauvais feuilleton britannique peinera à intéresser véritablement les marchés tant ceux-ci ont démontré qu’ils avaient le don de résilience, cette fameuse capacité d’intégrer des news qui se répètent en leur donnant moins d’impact à chaque nouvelle apparition. Ainsi un Brexit au 31 Octobre ou après, un Brexit négocié ou non, so what ? Le monde des affaires et les investisseurs ont, depuis, eu le temps de prendre leurs dispositions et de s’adapter, ainsi désormais il est fort probable que le marché de manière générale, sans toutefois apprécier, s’en moque a minima.

La rentrée risque donc de ne pas être de tout repos pour les marchés, oscillant au jour le jour par de mauvaises nouvelles bearish, mais également tirés par des fondamentaux résilients voire bullish, le grand gagnant de l’histoire risque donc d’être notamment le grand retour de la volatilité.


Benoit Fernandez-Riou

livre introduction au forex