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PeakOil 2007-2015

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  • PeakOil 2007-2015

    L’année dernière, j’envisageais ici que la hausse naissante des prix du pétrole que nous constations soit le premier signe annonciateur du pic de la production pétrolière. Ce phénomène (PeakOil en anglais) est le moment où la production pétrolière passera par un maximum avant de diminuer de façon inéluctable. Comme le pétrole, et en fait tous les combustibles fossiles, sont une ressource non renouvellable à l’échelle humaine, le peakoil est une certitude physique absolue. La question cruciale est de déterminer quand il aura lieu, exercice d’autant plus difficile que l’on aura vraisemblablement une certitude que plusieurs années après. Si le peakoil se produit dans 200 ans, cela ne nous concerne guère. S’il se produit dans 20 ans, nous avons juste le temps de nous y préparer. S’il se produit dans 2 ans, c’est branle-bas de combat ! En effet, il ne semble pas possible que la diminution de la consommation de pétrole puisse s’accompagner de la poursuite de la croissance économique (au moins à cours terme).

    Pourquoi 2007 ?

    A l’évidence, l’offre suffit à la demande en ce moment. Il n’y a pas de pénurie de part le monde (à part peut-être en Chine, mais c’est là plus le problème d’un manque d’infrastructures, notamment de transport). Les stocks des pays de l’OCDE se maintiennent à un peu plus de 50 jours de reserves. Les stock américains sont dans leur fourchette haute.

    Les prévisions de demande de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) sont d’environ 1.8 millions de barils par jour (mb/j). Comme l’AIE sous-estime systématiquement la demande, considérons pour les 2 prochaines années une augmentation de la demande totale de 4 à 5 mb/j. Compte tenu de la déplétion naturelle des puits existants et des mises en exploitation prévues (entre 6 et 8 mb/j), on peut penser que l’offre suffira à la demande. Rien n’interdit d’imaginer également que la production Irakienne finisse par augmenter.

    Mais en 2008, il sera probablement très difficile d’augmenter encore la production de 3 à 3.5 mb/j,

    De moins en moins de personnes ayant sérieusement étudié la question pensent que le peakoil puisse se produire après 2020 (du moins avec les hypothèses ‘business as usual” : poursuite de la croissance économique mondiale, absence d’évènements catastrophiques majeurs). La date 2010 plus ou moins quelques années est maintenant couramment avancée. La différence entre ceux qui penchent pour une date très proche et ceux la pensent plus tardive repose en grande partie sur les capacités ou non de l’Arabie Saoudite d’augmenter encore sa production de façon significative.
    Mais il faut bien comprendre qu’une augmentation (probablement faible) de la production jusqu’à 2015, par exemple, ne signifie pas que la demande pourra être satisfaite sur toute la période. Le scénario le plus probable est donc une succession de chocs pétroliers chaque fois que la demande sera contrainte par l’offre.

    Dans l’hypothèse favorable, il n’y aura donc pas de problème majeur avant 2 à 3 ans. Mais on sent bien qu’un tel choc pétrolier provoqué par une rupture d’approvisionnement majeure peut maintenant se produire à tout instant. Le doute subsiste, mais beaucoup d’indices laissent penser que nous sommes dès à présent entrés dans la période de turbulence précédant le peakoil.

    Médiatisation.

    Je m’étonnais également il y a tout juste un an du peu d’échos rencontré en France par ce problème. Il semble que peu de choses aient changé :
    - quelques interventions de Y. Cochet lors du débat sur l’énergie à l’assemblée au printemps dernier.
    - quelques émissions de radio et articles dans la presse généraliste, généralement rassurants à moyen terme.
    - une émission de télévision sur Canal plus ‘La fin du pétrole” où l’on a vu à quel point les politiques (F. Hollande et H. Gaymard) sous-estimaient les conséquences et les mesures à prendre.
    - un excellent livre sur le sujet paru il y a quelques jours, mais qui ne semble pour le moment ne rencontrer que peu d’échos (“La vie après le pétrole” de J.L. Wingert aux éditions Autrement, déjà cité par un autre intervenant).

    Par contraste, le peakoil est maintenant de plus en plus discuté à l’étranger. Juste un exemple : un Représentant républicain vient de faire il y a deux jours une présentation au congrès américain où il insiste sur l’aspect “terrifiant” des conséquences et l’urgence de la situation (Un récent rapport sponsorisé par l’agence américaine de l’énergie estime qu’il faudra des milliers de milliards de dollars et au moins 10 à 15 ans pour espérer une transition sans trop de casse dans le monde post-peakoil.
    www.hilltoplancers.org/stories/hirsch0502.pdf )
    http://www.energybulletin.net/4733.html

    Je ne me hasarderai pas à produire ici des analyses précises qui seraient politiquement et surtout économiquement “incorrectes” et probablement rejetées comme irresponsables ou catastrophistes.

    Mais il faudra bien un jour analyser crûment les conséquences économiques (parfois positives, mais le plus souvent négatives) d’une prochaine pénurie croissante et inéluctable des hydrocarbures.

    Hervé

  • #2
    Le pire, c'est que même si les US diminuaient fortement leur consommation (ils ont de la marge étant donné leur gaspillage dans les transports), la baisse de consommation obtenue serait très rapidement comblée par l'augmentation sans retenue de la Chine.

    Il n'y a pas de quoi être très optimiste.

    Une constation "rigolote" : pendant ce temps là, on continue à construire et développer des avions qui ne sont que très faiblement moins gourmands en carburant. Et vu m'explosion du traffic aérien, cela ne changera rien.
    Ces avions seront peut-être cloué au sol beaucoup plus rapidement qu'on ne le croit.

    Mais bon, il faut être optimiste, bubush va aller faire des jolis forages en Alaska pour grapiller quelques mois de consommation...

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    • #3
      Ton sujet n'a pas l'air d'intéresser la foule.
      Il y en a pour qui le réveil risque d'être dur...


      Selon une étude de l'institut de recherche… américain Earth Policy Institute, la planète aurait à subir une véritable catastrophe écologique d’ici 2031 si le peuple chinois venait à son tour à se laisser séduire par le mode de vie américain basé sur une consommation à outrance. Rêve américain ou cauchemar chinois ?

      Etranges prévisions que celles de cet institut américain Earth Policy Institute ! Selon une extrapolation, le rêve américain, version chinoise, entraînerait une double catastrophe : écologique et économique. Sachant que le revenu annuel moyen par habitant en Chine s’élève à 5300 dollars, les experts américains ont calculé que si l'économie chinoise connaissait une croissance de 8% par an, ce chiffre de 5300 passerait à 38000 dollars en 2031, soit le revenu par habitant actuel des Etats-Unis, mais pour une population en Chine estimée alors à 1,45 milliard d’individus !

      « En dehors de l'air irrespirable en raison des fumées provenant de la consommation de charbon, les émissions de CO2 de la Chine dans 26 ans équivaudraient à celles émises par les sources de pollution sur toute la terre aujourd'hui » affirme cette étude. L’inquiétude pour ces chercheurs se situe en effet au niveau des besoins en énergie. Selon eux, si la Chine consommait proportionnellement autant de pétrole en 2031 que les Etats-Unis actuellement, elle devrait disposer de 99 millions de barils de pétrole brut par jour. Il faut savoir que la production mondiale quotidienne actuelle est de 79 millions de barils… Tirant la sonnette d’alarme, « le changement climatique ne serait plus gérable, mettant en danger la sécurité alimentaire et inondant toutes les agglomérations côtières » nous promet l'institut.

      En terme d’automobiles, il y aurait en 2031 plus d'1,1 milliard de véhicules en Chine. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, on compte trois voitures pour quatre habitants… Ainsi, « les routes, autoroutes et parkings pour absorber toutes ces voitures représenteront l'équivalent de la surface consacrée aujourd'hui à la culture du riz en Chine » affirment les experts américains de l'institut. Quant au secteur agro-alimentaire, les chiffres explosent eux aussi à la manière de ce qu’il se produit en ce moment aux USA. Par exemple, la consommation de céréales par personne passerait de 291 kg à 935 kg par an. Et si, en 2031, les Chinois mangeaient autant de viande que les Américains aujourd'hui (125 kg/personne en 2004), la production en Chine devrait s’élever à 181 millions de tonnes contre 64 millions de tonnes aujourd'hui. En effet, les conclusions sur les risques écologiques suggérées par cet institut sont à craindre : bien sûr qu’une société qui ne se fixe aucune limite et consomme de manière abondante sans se soucier des conséquences représente un danger pour la Terre ! Bref, « faites ce que je dis mais pas ce que je fais » semblent nous avertir les américains. Merci du conseil...


      http://www.futura-sciences.com/sinformer/n/news5737.php

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      • #4
        Salut à tous.

        Il semblerait que le gouvernement US ait donné son feu vert pour commencer l'exploitation du petrol de l'Alaska. Quelqu'un peut confirmer?

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        • #5
          Tout à fait.
          Ils ont mélangé ça à une loi budgétaire ou je ne sais quoi, ce qui fait qu'ils avaient besoin de beaucoup moins de voix pour qu'elle soit acceptée que s'ils avaient crées une loi spécifique.

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          • #6
            J'ai depuis un an présenté sur ce site un certain nombre d'analyses et surtout de liens concernant la situation pétrolière. Je pensais que toute personne étudiant sérieusement ces documents, ces faits et ces analyses ne pouvaient qu'aboutir à une conclusion similaire à la mienne. Il y a manifestement d'autres interprétations possibles. J'aimerais cependant bien que l'on me montre à l'aide des courbes et de la dynamique de la production, de l'état des réserves, des prévisions de demandes, et des mille et un facteurs intervenants dans ce domaine complexe, où se situe mon erreur grossière d'analyse.

            Parmi les personnes sérieuses informées de ces questions, il y avait jusqu'au début 2004, 2 catégories :
            - les "pessimistes" qui prévenaient : attention le rétrécissement entre l'offre et la demande va bientôt aboutir à un mouvement de hausse et de volatilité des prix du pétrole.
            - les "optimistes" qui tempéraient : bien sur il arrivera un moment où la production ne suffira pas à la demande, mais ce n'est pas pour tout de suite. Il semble que les optimistes honnêtes rejoignent maintenant les pessimistes (devant la réalité des faits ?).

            En ce qui me concerne, il n'y a plus vraiment de doute : le mouvement de hausse entamé il y a 5 ans et qui s'est accéléré depuis début 2004 répond à des raisons FONDAMENTALES. Je parle là d'un mouvement à long terme. Cela ne veut pas dire que le baril ne peut pas baisser dans les prochains mois : j'ai justement essayé de montrer dans cette file", qu'à la condition que tout se passe bien, la demande mondiale devrait être satisfaite pendant encore au moins 18 mois.

            Ce que nous voyons advenir est le début d'un choc pétrolier, qui au contraire de tous les précédents, sera (avec des rémissions sans doute) permanent.

            Je vais essayer encore une fois de montrer pourquoi il est normal et logique que les prix soient élevés, et à quel point il serait anormal qu'ils ne le soient pas (encore une fois, si je me trompe dans mon raisonnement, s'il vous plait, dites moi où !).
            - La cause première de la tension sur les prix est la faiblesse des réserves mobilisables par les pays producteurs. Le consensus est que cette production "en réserve" est d'environ 1 million de barils par jour, est détenu presque uniquement par l'Arabie Saoudite, et se compose principalement de pétrole de qualité médiocre pour lequel il n'y a que peu de capacité de raffinage. Vue l'évolution prévue de la demande, il n'y a que peu de chances que cette marge soit restaurée dans un proche avenir.
            - il n'est pas besoin d'énumérer toutes les causes pouvant conduire à une rupture d'approvisionnement (attentats, accidents industriels ou climatiques, problèmes sociaux, politiques ou géopolitiques, etc ...). Que de tels accidents se produisent dans le futur est une quasi-certitude.
            - si cette rupture est relativement importante et prolongée (de 2 à 3 millions de barils par jour), il y aura un déficit d'offre.
            - or, vous avez noté les mesures d'urgence conseillées par l'Agence Internationale de l'Energie aux gouvernements occidentaux dans le cas justement d'une telle rupture d'approvisionnement : limitations importantes de la vitesse de circulation, circulation interdites certains jours, semaine de travail réduite à 4 jours, ... afin d'envoyer au marché un signal fort pour que les prix baissent.
            N'y-a-t-il pas des raisons de s'inquiéter un peu ?

            Comme je l'indiquais plus haut, l'expression utilisée par le Représentant Républicain présentant dernièrement la situation au congrès américain était "perspectives terrifiantes". C'est ce qu'éprouve normalement toute personne commençant à prendre conscience de la gravité de la situation. Il y a finalement certainement matière à psychose.

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            • #7
              aller voir çà.

              http://wolf.readinglitho.co.uk/francais/index.html

              Pink

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              • #8
                Peut-être qu'un brutal ajustement de la demande se réalisera.
                La Chine va peut-être consolider sa croissance récente durant une certaine période.
                La crise en asie en 1998, puis en amérique latine en 2002 a souvent touché des pays ayant rapidement augmenté leur PIB, sans solidifier leur économie contre les chocs.
                En cas de tension sur l'économie mondiale, les maillons les plus faibles sont ceux qui lachent en premier.

                Mais de toutes les manières, cela ne remet pas en cause la tendance long terme fondamentalement haussière sur les cours du pétrole.

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                • #9
                  bonjour,
                  pour raviver ce topic voici les liens de deux articles traitant de la fin du pétrole!


                  http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=1496
                  http://www.guardian.co.uk/life/feature/story/0,130...

                  Par la même occasion je voudrait faire un peu de pub pour le site
                  www.dedefensa.org qui est mis à jour quotidiennement et analyse des dossiers importants concernant : guerre, relations Europe-US, economie, stratégies ...

                  cordialement,
                  bruxo

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                  • #10
                    T. Boone Pickens (célèbre magnat de l'énergie) pense également que la demande ne sera plus satisfaite dès le 4ème trimestre 2005. Il estime que la production actuelle de 84 millions de barils par jour est un maximum, alors que la demande sera de 86 mb/j à la fin de l'année.
                    http://www.evworld.com/view.cfm?section=article&st...

                    Il rejoint M. Simmons qui donne à peu près les mêmes chiffres.
                    http://www.simmonsco-intl.com/files/PESA%20Annual%... (diapo 6)

                    Cela ne correspond pas tout à fait aux autres estimations que j'ai rapportées ici (demande satisfaite jusqu'à fin 2006), et qui me semblaient les plus crédibles. Mais d'un autre côté, ces gens-là sont parmi les plus informés de la planète sur ces questions. Peut-être savent-ils des choses que nous ignorons ? (Ou peut-être s'intoxiquent-ils les uns les autres ?).

                    Petite anecdote amusante (effrayante ?) : T. Boone Pickens demandait à l'un des chefs économistes d'une major pourquoi ils continuaient à prétendre qu'il y aurait suffisamment de pétrole disponible dans l'avenir. La réponse : parce si on disait le contraire, cela déclencherait la panique !

                    Commentaire


                    • #11
                      J. Lahérrere est un géologue pétrolier français, fondateur de l'Aspo. Il vient de publier le texte de la présentation qu'il fera au congrès de l'association à Lisbonne (19-20 mai 2005).
                      Dans ce texte, il précise la date du peakoil à 2008-2010, donc plus proche que lors de ses précédentes analyses (entre 2010-2020 dans le livre déjà cité de J. Wingert "La vie après le pétrole"). Il se rapproche en cela des autres analystes "pessimistes" (Campbell, Simmons, Bakhtiari, Skrebowski, etc...) qui utilisent des méthodes de prévision différentes.
                      Comme je ne doute pas que les lecteurs de cette file lisent systématiquement les articles indiqués dans les liens, je dois les prévenir que le texte de J. Lahérrere est relativement technique et nécessite une bonne connaissance des mécanismes de la déplétion pour sa compréhension.

                      http://www.oilcrisis.com/laherrere/lisbon.pdf

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                      • #12
                        je reste étonné que de telles informations soient disponibles et vraies en meme temps.
                        Le petrole est imposé au monde rendu dépendant au produit par rockfeller et ses successeurs qui continue à trouver par la chimie toujours plus de plastiques et de débouchés dans tous les métiers et loisirs.
                        jusqu'ici la surproduction était structurelle(quotas) la concurence écarté par les petrodolars des distributeurs et raffineurs. il y avait par exemple déja eu des course entre vehicules à petrole et electriques il y a plus de cent ans .ceux à petrole ont gagné et été améliorés depuis ,les electriques ont alors perdu de peu mais guere ameliorés jusqu'a recemment.
                        des groupes politiques particulierement les ecolos dans leur prime jeunesse(annees 70) peuvent etre manipulés pour servir des interets qu'ils ne soupçonnent pas pour aujourd'hui nous suggerer un totalitarisme justifié par la décroissance d'un système fondé sur un produit pas forcément si indispensable que cela.
                        j'ai lu la vie après le pétrole et je trouve que le credo "le pétrole ou la déchéance "est trop inscrit dedans même s'il entrevoit des solutions individuelles sur le modèle scandinaves et colectifs sur le nucléaire.
                        c'est super d'attirer l'attention sur le phenomène de depletion mais plutot que de souligner les risques de crash de nos sociétés il faudrait plutot stimuler et souligner les possibiltés offertes .
                        par exemple bq d'intervenants sur le forum http://www.d'oleocen.org juge le livre trop optimiste! alors que c'est bien une occasion très réalisable de se liberer d'une vrai pieuvre plutot que se focaliser sur l'utilisation "rationnelle" et soit disant obligatoire d'un produit en déclin.
                        http://www.pro-at.com/ref.asp?redir=http://www.inreallife.be/PAGES/MBeugeneMallove.php&type=1

                        http://www.clean-auto.com/article.php3?id_article=3672
                        cordialement

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                        • #13
                          c'est du belge mais c'est pas un poisson d'avril;d'ailleurs on est en mai
                          http://www.califice.net/belge/notes/jenatzy.shtml
                          @+

                          Commentaire


                          • #14
                            Le ministère de l'industrie vient de faire paraître son rapport annuel sur le pétrole.

                            http://www.industrie.gouv.fr/energie/petrole/pdf/r...

                            Dans les pages 7 à 12, vous trouverez une discussion détaillée sur les mécanismes de la déplétion, l'état et l'évolution des réserves et les méthodes permettant de prévoir la date du "peak oil".

                            Même si je pense que les hypothèses envisagées sont optimistes, ce document montre bien les seuls modes de raisonnement possibles lorsque l'on veut estimer si l'offre de pétrole répondra à la demande dans les années à venir.

                            En plus de pas mal d'informations utiles, ce texte m'a appris certaines techniques diplomatiques. Par exemple, lorsque l'on me dit "il n'y a pas de problème, il y a pour 47 ans de réserves", je réponds en général : "c'ette affirmation est totalement stupide et ne présente aucune espèce intérêt", il vaut mieux dire "en fait, cette approche d'une grande simplicité ne traduit en aucune façon la réalité".

                            Commentaire


                            • #15
                              Et si l'or noir venait à manquer...

                              Associated Press
                              1er juin 2005 - 14h50
                              Et si l'or noir, combustible de l'économie mondiale depuis des décennies, venait à manquer... La question se pose si l'on en croit les experts qui prédisent un prochain déclin de la production mondiale et une augmentation vertigineuse du cours de brut, avec les répercussions que cela implique pour les pays consommateurs.

                              Texte: Envoyer Imprimer © Reproduire

                              Certains experts prédisent que, dès cette année ou en 2006 et certainement avant la fin de la décennie, la production mondiale de pétrole, après avoir crû fortement depuis un siècle, aura atteint son apogée et commencera inexorablement à décliner.

                              Selon leur théorie, le prix du pétrole commencera alors à flamber de manière spectaculaire et les grands pays consommateurs connaîtront une inflation galopante, du chômage et de l'instabilité. Le géologue Kenneth Deffeyes de l'université de Princeton pronostique "un état permanent de pénurie de pétrole".

                              Selon ces experts, il faudra au minimum une décennie avant que des mesures d'économie d'énergie et des innovations technologiques ne permettent de compenser le déséquilibre entre la demande et l'offre déclinante de brut, et même ainsi la situation sera précaire.

                              Reste que beaucoup d'économistes réfutent ce scénario catastrophe. La plupart des analystes du secteur pensent que la production va continuer à augmenter pendant au moins 30 ans. Ils estiment que les énergies de substitution permettront alors une transition en douceur vers l'ère post-pétrole. "La civilisation industrielle ne va pas s'effondrer", assure Michael Lynch, président de Recherche économique et énergies stratégiques (SEER), un institut basé aux Etats-Unis.

                              Les partisans de cette théorie rassurante estiment que les forces du marché réguleront le déséquilibre, des prix élevés incitant les producteurs à pomper davantage de brut et les consommateurs à faire des économies d'énergie.

                              Mais M. Deffeyes et beaucoup d'autres géologues contestent cette analyse libérale. L'Arabie saoudite, la Russie, la Norvège et d'autres grands producteurs sont déjà au maximum de leur capacité de production, soulignent-ils. La seule manière d'augmenter la production serait de mettre au jour de nouveaux gisements, mais, hormis quelques exceptions, il ne reste plus grand-chose à découvrir.

                              "Les économistes pensent tous que si vous vous présentez au guichet avec assez d'argent, Dieu remettra du pétrole dans le sol", ironise M. Deffeyes.

                              Pour Robert Hirsch, un analyste en énergie du cabinet californien Science Applications International, le doute subsiste sur ce qui va réellement se passer. Mais il ajoute que "beaucoup de professionnels compétents sont très pessimistes".

                              Ceux-ci ont sans doute en mémoire un précédent célèbre aux Etats-Unis: en 1956, le géologue King Hubbert avait prédit que la production de pétrole atteindrait son pic en 1970 dans le pays. Stupéfaits, ses supérieurs à la compagnie Shell ont tenté de le dissuader de rendre ses travaux publics. Ses pairs ont accueilli son analyse avec scepticisme, mais il s'est avéré que Hubbert avait bel et bien raison: la production américaine de brut a atteint son point culminant en 1970 et n'a cessé depuis de décliner.

                              Il y a quelques années, les géologues ont commencé à appliquer les méthodes de Hubbert à l'ensemble de la production mondiale. Leurs recherches indiquent que celle-ci culminera dans le courant de la décennie. M. Deffeyes pense que le pic se produira fin 2005 ou début 2006. Matthew Simmons, analyste d'une banque d'affaires de Houston, situe plutôt cette échéance entre 2007 et 2009.

                              Selon M. Hirsch, la date exacte n'a pas vraiment d'importance car, selon lui, il est déjà trop tard pour éviter les effets de la pénurie. Dans une analyse réalisée pour le département américain de l'Energie en février, il conclut qu'il faudra plus d'une décennie pour que l'économie américaine s'adapte à la baisse de l'offre de brut.

                              Toutefois, certains considèrent que Hubbert a simplement eu de la chance dans ses prévisions, et de nombreux experts ne voient pas pourquoi la production de pétrole atteindrait un pic, jugeant qu'elle pourrait rester stable sur une longue période et laisser ainsi le temps à l'économie de se convertir à des énergies de substitution.

                              "Même dans 30 ou 40 ans, il y aura encore d'énormes quantités de pétrole au Moyen-Orient", soutient Daniel Sperling, directeur de l'Institut des études sur le transport à l'Université de Californie. Le débat est donc loin d'être tranché...

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